Énergie et transformations

Lire les signes avant de lancer les calculs.

Fonctions d’état, enthalpie de réaction, loi de Hess et un exercice entièrement corrigé pour stabiliser les notations qui reviennent à l’écrit.

Contenu pédagogique original par Rémi Piau · Programme officiel et cohérence scientifique vérifiés le 8 septembre 2026.

NiveauLicence — fondamentaux
Durée30 minutes
ObjectifRelier équation, signe et énergie

1. Définir le système et la convention

Une variation d’énergie n’a de sens qu’après avoir défini le système observé et sa frontière. Pour un système fermé, il n’y a pas d’échange de matière avec l’extérieur, mais des transferts d’énergie restent possibles. Dans la convention récepteur usuelle en France, un transfert reçu par le système est positif.

ΔU = Q + W

ΔU, Q et W sont des énergies et s’expriment en joules (J). Une réaction qui cède de la chaleur au milieu extérieur a donc Q < 0 pour le système réactionnel. Pour un système fermé soumis à une pression extérieure constante, si le seul travail est celui des forces de pression, la chaleur reçue à pression constante vérifie Qp = ΔH.

ExothermiqueΔrH < 0 : le système cède de l’énergie thermique au milieu.
EndothermiqueΔrH > 0 : le système reçoit de l’énergie thermique.

2. Une fonction d’état ne dépend pas du chemin

U, H, S et G sont des fonctions d’état : leur variation dépend seulement des états initial et final. On peut donc décomposer une transformation en étapes commodes, puis additionner leurs variations. C’est le principe de la loi de Hess.

Conséquence sur l’équationSi l’on inverse une réaction, le signe de ΔrH° change. Si l’équation est multipliée par un facteur λ, ΔrH° est multipliée par λ.
Cycle de Hess reliant la combustion directe du carbone en dioxyde de carbone au chemin en deux étapes passant par le monoxyde de carbone, avec les trois enthalpies standard de réaction
Le chemin direct et la somme des deux étapes relient les mêmes états initial et final : leurs variations d’enthalpie sont donc égales.

3. Utiliser les enthalpies standard de formation

L’enthalpie standard de formation ΔfH° d’une espèce correspond à la formation d’une mole de cette espèce à partir des éléments dans leurs états standards de référence, à la température considérée et sous la pression standard p° = 1 bar. Pour un élément dans son état standard de référence, ΔfH° = 0.

ΔrH° = Σ νi Δfi, produits − Σ νj Δfj, réactifs

Les coefficients stœchiométriques multiplient les valeurs. Les états physiques comptent : H2O(l) et H2O(g) n’ont pas la même enthalpie standard de formation.

4. Exercice corrigé — combustion du méthanol

Énoncé

On brûle complètement 8,00 g de méthanol liquide selon :

CH3OH(l) + 3/2 O2(g) → CO2(g) + 2 H2O(l)

Données à 298 K : ΔfH°(CH3OH,l) = −238,7 kJ·mol−1 ; ΔfH°(CO2,g) = −393,5 kJ·mol−1 ; ΔfH°(H2O,l) = −285,8 kJ·mol−1 ; ΔfH°(O2,g) = 0 ; M(CH3OH) = 32,04 g·mol−1. Calculer ΔrH° puis la chaleur échangée à pression constante, en supposant la réaction totale.

Correction pas à pas
  1. Donnée et inconnue. L’équation est écrite pour une mole de méthanol. On cherche d’abord l’enthalpie molaire de réaction, puis l’énergie correspondant à la quantité brûlée.
  2. Relation littérale. Produits moins réactifs, en conservant tous les coefficients :
    ΔrH° = [ΔfH°(CO2) + 2ΔfH°(H2O)] − [ΔfH°(CH3OH) + 3/2 ΔfH°(O2)]
  3. Unités compatibles. Toutes les enthalpies standard de formation sont exprimées en kJ·mol−1 ; elles peuvent donc être additionnées après multiplication par les coefficients stœchiométriques.
  4. Application numérique.
    ΔrH° = [−393,5 kJ·mol−1 + 2(−285,8 kJ·mol−1)] − [−238,7 kJ·mol−1 + 0 kJ·mol−1] = −726,4 kJ·mol−1
  5. Quantité brûlée. La relation est n = m/M. Les unités donnent g ÷ (g·mol−1) = mol. Ainsi n = 8,00 g ÷ 32,04 g·mol−1 = 0,2497 mol.
  6. Chaleur à pression constante. Dans les conditions annoncées, Qp = nΔrH°. Donc Qp = 0,2497 mol × (−726,4 kJ·mol−1) = −181 kJ.
  7. Contrôle du sens. La combustion chauffe le milieu : l’énergie quitte le système réactionnel, donc le signe négatif est cohérent.

Conclusion. La combustion standard du méthanol a ΔrH° = −726,4 kJ·mol−1. Le système cède environ 181 kJ quand 8,00 g réagissent ; le milieu extérieur reçoit la même valeur en négligeant les pertes.

5. Contrôles qui évitent les erreurs classiques

  • Notation : distinguer H, ΔH, ΔrH et ΔfH.
  • Équation : vérifier coefficients et états physiques avant de calculer.
  • Unité : ne pas mélanger J et kJ dans une même somme.
  • Signe : relier le signe au système, pas au seul mot « chaleur ».
  • Portée : une réaction thermodynamiquement favorable n’est pas nécessairement rapide.
Thermodynamique ≠ cinétiqueUne valeur de ΔrG renseigne sur le sens d’évolution thermodynamique dans des conditions données. Elle ne fournit pas la vitesse : celle-ci dépend notamment de la barrière d’activation et du mécanisme.
Source officielleProgramme officiel de chimie et rapports du jury sur la thermodynamiqueVérifié le 8 septembre 2026Consulter le SCAV