Structure des molécules

Relier la structure, le nom et les propriétés.

Interactions de Van der Waals, liaison hydrogène, règles de nomenclature et premiers repères d’isomérie : une synthèse pour éviter les confusions les plus fréquentes.

Contenu pédagogique original par Rémi Piau · Programme officiel et cohérence scientifique vérifiés le 8 septembre 2026.

NiveauLicence — fondamentaux
Durée30 minutes
ObjectifLire une structure avant de conclure

1. Les interactions entre molécules

Une liaison covalente maintient les atomes au sein d’une molécule. Une interaction intermoléculaire agit entre des édifices déjà formés. Elle influence notamment les températures de changement d’état, la solubilité, la viscosité et l’organisation des molécules.

InteractionConditionIdée utile
LondonPrésente entre toutes les espècesElle augmente globalement avec la polarisabilité et la surface de contact.
KeesomDeux dipôles permanentsLes orientations favorables rapprochent des pôles de signes opposés.
DebyeUn dipôle permanent et une espèce polarisableLe premier dipôle déforme le nuage électronique voisin.
Liaison hydrogèneDonneur X–H et accepteur possédant un doublet disponible, avec X très électronégatifInteraction directionnelle à distinguer des trois contributions de Van der Waals.
Comparaison schématique des interactions de London, Keesom et Debye et d’une liaison hydrogène, avec dipôles permanents, instantanés ou induits et donneur-accepteur
Les quatre schémas représentent des contributions différentes. Une même paire d’espèces peut cumuler plusieurs interactions, notamment le terme de London.
Comparer une température d’ébullitionRegardez d’abord quelles interactions sont possibles, puis la polarisabilité, la taille, la forme et la surface de contact. La masse molaire seule ne suffit pas.

Exemple qualitatif — eau et sulfure d’hydrogène

H2O et H2S sont coudées et polaires. Pourtant, les molécules d’eau construisent un réseau de liaisons hydrogène beaucoup plus efficace. Cette organisation explique que l’eau ait une température d’ébullition anormalement élevée dans la série des hydrures du groupe 16.

2. Nommer avec un algorithme, pas à l’intuition

  1. Identifier la fonction principale.Elle fixe le suffixe.
  2. Choisir le parent.Chaîne ou cycle contenant la fonction principale et les insaturations pertinentes.
  3. Numéroter.Donner l’indice le plus bas à la fonction principale, puis aux insaturations et substituants.
  4. Nommer les substituants.Les classer alphabétiquement ; di- et tri- ne comptent pas pour cet ordre.
  5. Assembler.Indices, préfixes, parent, insaturations, suffixe, puis descripteur stéréochimique s’il est requis.
Fonction principaleMotifSuffixe courant
Acide carboxylique–CO2Hacide …oïque
Ester–CO2R…oate de …yle
Amide–CONH2…amide
Aldéhyde–CHO…al
Cétone>C=O…one
Alcool–OH…ol
Amine–NH2…amine
CH3–CO–CH2–CH3butan-2-one
CH3–CH(CH3)–CH2–OH2-méthylpropan-1-ol
Carbone fonctionnelDans un acide carboxylique ou un aldéhyde, le carbone de la fonction appartient à la chaîne principale. L’oublier décale toute la numérotation.

3. Distinguer les niveaux d’isomérie

RelationCe qui changeExemple ou repère
Isomères de constitutionL’enchaînement des atomesChaîne, position ou fonction différentes.
ConformèresOrientation obtenue par rotation autour d’une liaison simpleConformations anti, gauche ou éclipsée du butane.
Stéréoisomères de configurationDisposition spatiale sans simple rotation libre permettant l’interconversionConfigurations E/Z ou R/S.
ÉnantiomèresImages miroir non superposablesLorsque la chiralité provient uniquement de centres stéréogènes, leurs configurations sont toutes inversées, après contrôle des éventuelles symétries.
DiastéréoisomèresStéréoisomères qui ne sont pas images miroirDeux configurations E/Z différentes, par exemple.
Trois projections de Fischer du 2,3-dichlorobutane montrant la paire énantiomère 2R,3R et 2S,3S ainsi que la forme méso 2R,3S diastéréoisomère
Dans cet exemple, les configurations (2R,3R) et (2S,3S) sont énantiomères ; la symétrie interne rend la forme (2R,3S) méso.

Pour attribuer E ou Z, chaque carbone de la double liaison doit porter deux substituants différents. Sur chaque carbone, on classe les substituants selon les règles de priorité CIP : groupes prioritaires du même côté, Z ; de côtés opposés, E.

L’attribution R/S demande une représentation spatiale non ambiguë. Une formule plane sans liaisons en avant ou en arrière ne suffit pas à inventer une configuration. Inverser tous les centres stéréogènes permet d’identifier l’image miroir dans le cas usuel de la chiralité centrale, mais la relation finale doit toujours être confirmée en recherchant une symétrie interne et d’autres éléments stéréogènes éventuels.

4. Trois vérifications

1. Quelle interaction de Van der Waals existe nécessairement entre deux molécules de I2 ?
Les interactions de London. I2 n’a pas de dipôle permanent, mais son nuage électronique très polarisable produit des fluctuations corrélées.
2. Nommer CH3–CH(Cl)–CH2–CH3.
La chaîne parent est le butane. On numérote depuis l’extrémité qui donne le plus petit indice au substituant : 2-chlorobutane.
3. Butan-1-ol et éthoxyéthane ont-ils la même constitution ?
Ils ont la même formule brute C4H10O mais des fonctions différentes — alcool et éther-oxyde. Ce sont des isomères de constitution, plus précisément des isomères de fonction.
Source officielleProgramme officiel de chimie du concours, édifices chimiques et stéréochimieVérifié le 8 septembre 2026Consulter le SCAV